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Si la région fut habitée depuis l'aube de l'histoire, l'actuelle cité n'a vu
le jour qu'à partir de 1760 par la volonté du Sultan Alaouite Sidi Mohamed Ben
Abdallah (1757 -1790) qui voulait construire un port commercial sur
l'Atlantique, tout prés de sa capitale Marrakech, et d'en faire le chef lieu du
commerce marocain avec l'extérieur. Il voulait édifier à Mogador la plus jolie
ville de son règne. Pour réaliser son entreprise, le souverain demanda à un
architecte français originaire d'Avignon, Nicolas Théodore Cornut de lui
dessiner les plans d'une ville. Cornut résidait, à l'époque de la fondation, à
Gibraltar. Il avait été au service du Roi de France Louis XV et fut l'auteur des
plans des fortifications et des places fortes du Roussillon. Cornut aurait ainsi
conçu les plans de la ville sur le modèle de Saint Malo. Mais les travaux de
construction entamés par ce dernier étaient au dessus de ses forces, si bien
qu'il aurait été relevé de ses fonctions en 1767. Les travaux ont été alors
poursuivis par Ahmed Laâlej, d'origine probablement européenne, dont le nom
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est
inscrit, sculpté dans la pierre, sur le fronton de la Porte de la Marine (Bab
Labhar). C'est sans doute à ce dernier que seraient dues certaines
fortifications du port, ne figurant pas sur le plan de Cornut, et celles du
reste de la médina.
La construction de la ville, du port et des fortifications, fût entamée dés,
1760. La main-d'oeuvre était constituée par des hommes des tribus de l'arrière
pays et très probablement par des captifs européens. Les fortifications furent
dressées à la Vauban, soit exactement sur le style de forteresses européennes,
adaptées à
l'armement existant, construites à la même époque.
Les rues furent conçues droites, coupées par des portes et coudées à angle
droit pour casser les vents alizés qui soufflent pendant une longue période de
l'année sur la ville et sa région. Les rues secondaires sont étroites, comme
dans toutes les médinas du Maroc.
Le port de Mogador est installé à l'extrémité du sud-ouest de la presque- île
rocheuse sur laquelle est bâtie la ville. Le port est protégé du côté du large
par un cordon de récifs qui cessent au côté droit de l'extrémité de la
presqu'île pour réapparaître 1200 m plus loin, sous la forme d'une assez grande
île.
Durant le mois d'Octobre 1764, un ambassadeur Anglais, Sir Richard DAVIS,
débarquait à Essaouira ce qui fixe la date d'ouverture du port. Mais il semble
que les premiers travaux desquels on trouve trace sont attribués aux portugais:
une petite darse de forme trapézoïdale fut longtemps le seul point vraiment
abrité du port, dont les pêcheurs locaux se contentèrent, une fois les
portugais chassés de la ville Ce qui caractérise le port d'Essaouira, c'est la
régularité de ses exportations qui, depuis de longues années, oscillent entre
sept et neuf millions de francs.
Jusqu'en 1912, Essaouira était le seul port marocain qui exportait plus qu'il
n'importait, indice de prospérité économique.
En 1911, les sorties ont encore atteint 8.871.000 de francs contre 8.116.000
de francs d'entrée. A partir de 1912, époque de l'occupation Française et de
l'arrivée de nouveaux immigrants européens, les importations ont dépassé les
exportations, mais avec des excédents moins accentués que dans les autres
ports.
Mais depuis l'ouverture du port de Safi et depuis que le port de Casablanca
absorbe 70% du commerce maritime du Maroc, le port d'Essaouira perd peu à peu
son dynamisme.
Ainsi, bien qu'il soit le point le plus rapproché de la grande métropole du
sud, bien qu'il soit situé au centre d'une zone poissonneuse (Poissons
migrateurs - sédentaires et crustacés), le port n'est plus qu'un petit port de
pêche industrielle qui a su conserver son pittoresque, grâce à son bassin à bar
casses protégé de remparts
Grâce à ces remarquables projets de fortification, entrepris à la fin du
XVIII eme siècle pour la protection de la ville d'Essaouira des incursions
éventuelles venant de la mer, le port a joué un rôle historique très
important.
Ce fut, longtemps le premier port vers le sud et le principal centre
commercial du Maroc, dont il assurait jusqu'à 40% du commerce maritime. Les
bateaux apportaient sucre, bougies, cotonnades etc. Les caravanes de 500 à 600
chameaux venaient de TOMBOUKTOU chargées d'ivoire, de poudre d'Or ou d'esclaves.
L'arrière pays fournissait ses ressources agricoles.
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